Quand les tensions géopolitiques décident de s'inviter au comptoir, on a vite fait de renverser notre café sur le rapport trimestriel du portefeuille. Cette semaine, c'est le détroit d'Ormuz qui fait des siennes, avec son lot de menaces planant sur le trafic maritime international.
La géopolitique s'invite dans la salle des marchés
Dans les faits: Les autorités iraniennes ont récemment agité le chiffon rouge en menaçant de durcir le ton, et plus particulièrement d'inspecter ou de bloquer pas moins de 46 navires empruntant ce point de passage stratégique pour l'énergie mondiale. (Une paille, quand on sait que c'est par cette minuscule gouttière maritime que transitent des millions de barils chaque jour.) Pour peu qu'on ait un peu d'exposition sur les matières premières ou les valeurs énergétiques, on regarde soudainement la météo du Moyen-Orient avec beaucoup plus d'assiduité.
Rappel: Ce genre de secousse sismique sur la carte du monde provoque toujours un petit mouvement de panique dans les salles de marché. (Rien de tel qu'une bonne vieille crise d'approvisionnement pour faire suer les gérants de fonds.) Pourtant, quand on regarde les indices boursiers de plus près, le S&P 500 encaisse le choc sans broncher à 7 674 pts, tandis que notre bon vieux CAC 40 parisien fait de la résistance à 8 477 pts malgré une petite baisse de régime de l'ordre de -0,1 %. Comme quoi, les marchés ont parfois la couenne plus dure qu'on ne le pense face aux bruits de bottes.
Entre l'or noir et les cryptos, le grand grand écart
Un peu de recul. Pendant que les cours du pétrole frémissent à l'idée d'un blocage naval, l'univers des actifs numériques continue de danser sa propre valse, totalement imperméable ou presque aux vicissitudes de la géopolitique du golfe Persique. Le Bitcoin s'affiche vaillamment à 77 841 $ (soit 66 734 €), affichant une petite hausse de 0,8 % sur les dernières vingt-quatre heures. Ethereum suit le mouvement avec un cours de 2 469 $ (ou 2 116 €) en progression de 1,7 %, tandis que Solana se négocie autour de 94,69 $ (81,18 €) et que BNB frôle les 700 $ (600 €). Seul le XRP fait un léger petit pas de côté à 1,48 $ (1,27 €), marquant une baisse de 0,9 %.
À noter: Cette décorrélation apparente entre les tensions au détroit d'Ormuz et la bonne santé globale des cryptos nous rappelle une vérité fondamentale en gestion d'actifs. Les investisseurs cherchent désespérément des soupapes de décompression, quitte à diversifier à outrance entre les valeurs traditionnelles et les nouveaux eldorados numériques. (On se croirait revenu au temps de la ruée vers l'or, les pelles et les pioches en moins, les portefeuilles matériels en plus.)
Comment naviguer en eaux troubles
Et maintenant ? Inutile de céder à l'affolement généralisé à la moindre dépêche tombée sur les agences de presse. Les crises maritimes au Moyen-Orient, aussi anxiogènes soient-elles pour les chaînes d'approvisionnement, font partie du paysage macroéconomique avec lequel on doit composer au quotidien. Si vous surveillez vos lignes, gardez à l'esprit que la volatilité reste le pain quotidien de tout investisseur qui se respecte. Garder la tête froide et un plan de route solide reste encore la meilleure parade contre les soubresauts du monde moderne. (Et accessoirement, cela évite de vendre au plus bas juste parce qu'un ministre iranien s'est levé du mauvais pied.)
Bref. Quand le détroit d'Ormuz tousse, c'est toute la planète finance qui éternue, mais nos portefeuilles ont vu bien pire. Ceci n'est pas un conseil en investissement.