On ne parle plus d’une simple hausse des prix: les tarifs douaniers entament un théâtre de pénuries tandis que l’inflation s’enroule comme un serpent à l’aine de tout le partage mondial. Entre les deux, la pente vers la récession se dessine, pas à pas, mais on reste souvent aussi épris de l’idée que l’économie saura danser sur ces pavés incertains.

Les tarifs, la dent de la croissance

Les tarifs, la dent de la croissance

Dans les faits: les récentes augmentations de tarifs américaines, à l’instar des hausses de 8 % sur le blé ou de 25 % sur les sédiments de l’or, se cristallisent dans une pression pesante sur les chaînes d’approvisionnement. Quand la barrière douanière s’élevait, les importations de semi‑conduits se sont contractées d’environ 14 % en 2022, obligeant l’industrie à chercher des alternatives plus lourdes et onéreuses.

Les entreprises en difficulté doivent réévaluer leurs marges, apportant une pression supplémentaire aux consommateurs. Les prix augmentent, mais les salaires stagnent, et voilà le décor pour une inflation qui accuse âprement. L’effet d’entraînement est immédiat: le coût des matières premières grimpe, les stocks, désespérément épuisés, se courbent et les chaînes d’approvisionnement se détarient.

Les tarifs douaniers sévissent sur les chaînes d'approvisionnement, créant une pression de prix qui incombe aux consommateurs et à la marge des entreprises.

L'inflation, le frein au consumer spending

L'inflation, le frein au consumer spending

Rappel: l’inflation est ce qui nous rappelle qu’on vit dans la réalité de la monnaie agissant sur le pouvoir d’achat. Présentement, le taux en hausse est inné dans nos dépenses; le dernier indice du CPI (Consumer Price Index) de la Fed signale un bond de 0,5 % historique pour le mois passé, on oublie les chiffres exacts, mais l’impact se fait sentir.

Lorsqu’on voit les prix des denrées de base monter, on réduit notre consommation discrétionnaire. C’est la logique qui conduit les banques centrales à serrer le talon de la politique monétaire: davantage de taux d’intérêt, des prêts plus chers, un frein aux achats de logements, de voitures et de biens d’équipement. Le demandeur de logements verra son essai de crédit passer d’un 70 à un 60 %.

Le même constat se lit dans les données de l’Eurostat: plus de 20 % de la population européenne subit une hausse de la facture énergétique. Dans le cas de l’inflation, le sentiment pessimiste s’amplifie, l’exploitation des bénéfices se trahit, les capitaux suivent les flux de retard.

L’inflation tire sur le pouvoir d’achat, diminue les consommations discrétionnaires et accroît les coûts de financement pour les entreprises.

Les marchés réagissent, ce qu’on voit aujourd’hui

Les marchés réagissent, ce qu’on voit aujourd’hui

Un peu de recul. Le S&P 500 se tarit à 7 458 pts, un recul d’environ 1 % sur la bourse américaine, tandis que le CAC 40 fortifie légèrement de 0,1 % jusqu’à 8 350 pts. Les cryptos se parent de la prudence tout en affichant une vigueur modeste, avec BTC à 64 631 $ (~56 590 €) +0,5 %, ETH à 1 873 $ (+0,4 %) et SOL à 76,7 $ (+1,0 %).

Au fond, la chute des indices américains ne signifie pas un krach immédiat, mais plutôt une lutte de la confiance après