La retraite par répartition telle qu'on la connaît promet, en moyenne, une perte de ≈ 53 % de salaire pour les cadres, ≈ 30 % pour les non-cadres et jusqu'à ≈ 65 % pour les indépendants au moment du départ. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) a été conçu pour combler une partie de cet écart, en échange d'une contrainte simple : l'argent reste bloqué jusqu'à la retraite, sauf exceptions.

Comment fonctionne le PER ?

Dans les faits : contrairement à la retraite par répartition, le PER permet de constituer une réserve financière via des versements ponctuels ou réguliers, placés sur les marchés financiers, en SCPI, en Private Equity ou en fonds euros.

Trois types coexistent : le PER individuel (souscrit librement, plusieurs PER individuels possibles avec un plafond de déduction partagé), le PER d'entreprise obligatoire (imposé par l'employeur à tout ou partie des salariés), et le PER collectif (proposé par l'employeur, facultatif, ouvert à tous les salariés).

Deux familles de contrats existent également : le PER bancaire (garantie de 100 000 € via le fonds de garantie européen, accès à un compte-titres avec actions et ETF), et le PER assurantiel (garantie jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur, accès aux ETF, Private Equity, SCPI et fonds euros).

Quelle fiscalité pour le PER ?

Le plafond de versement dépend du statut : pour un salarié, 10 % des revenus professionnels plafonnés à ≈ 35 194 €, ou 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (≈ 4 114 €), selon la formule la plus avantageuse. Pour un travailleur non salarié, le plafond grimpe jusqu'à ≈ 81 384 €. Les époux ou partenaires de Pacs peuvent mutualiser leurs plafonds non utilisés.

À l'entrée : les versements sont déductibles du revenu imposable. Exemple : un revenu imposable de 40 000 € avec 4 000 € versés sur un PER ramène la base imposable à 36 000 €.

À la sortie : la part correspondant au capital versé est imposée au barème progressif, la part correspondant aux gains à la flat tax de 30 %. Un peu de recul : à taux marginal identique à l'entrée et à la sortie, l'économie d'impôt directe est nulle, mais réinvestir l'avantage fiscal obtenu à l'entrée génère un gain supplémentaire via les intérêts composés.

Planification de l'épargne retraite

Quand ouvrir un PER ?

À partir d'un taux marginal d'imposition de 30 % ou plus, le PER devient réellement avantageux, car le gain de performance peut compenser la flat tax appliquée à la sortie via l'effet des intérêts composés. En dessous de 11 % de taux marginal, l'intérêt fiscal disparaît quasiment.

Quand et comment débloquer son PER ?

Les fonds restent bloqués jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, ou liquidation judiciaire de l'activité.

À la sortie, deux options s'offrent à vous : la rente (versement à vie, choix irrévocable, fiscalité dépendant de la déductibilité initiale des versements) ou le capital (part correspondant aux versements déductibles imposée au barème, gains imposés à 30 %). Exemple : un capital de 100 000 € débloqué à 64 ans donne lieu à une rente d'environ 349 € par mois.

PER et succession, comment ça se passe ?

Le PER bancaire entre dans la succession selon les règles classiques. Le PER assurantiel, lui, bénéficie du régime de l'assurance-vie : avant 70 ans, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire s'applique ; après 70 ans, l'abattement commun tombe à 30 500 €.

Faut-il préférer un PER, une assurance-vie ou un PEA ?

L'assurance-vie reste préférable pour qui privilégie la liquidité et une fiscalité de sortie avantageuse après 8 ans. Le PEA offre une exonération totale des gains après 5 ans, mais sans déductibilité à l'entrée. Et maintenant ? Le PER se justifie surtout pour optimiser une tranche marginale élevée, en complément d'une épargne principale logée en assurance-vie ou en PEA, pas en remplacement.

Bref. Le PER a du sens pour ceux dont le taux marginal d'imposition dépasse 30 %, ou pour qui prépare un achat de résidence principale. Pour tous les autres, la liquidité de l'assurance-vie reste souvent préférable. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, chaque situation patrimoniale est différente.