Alors, on regarde d'un peu plus près ce qui se trame sur nos portefeuilles, et notamment ce petit truc qui nous est arrivé à l'oreille concernant le PEA ? Figurez-vous que l'idée de voir disparaître certaines actions américaines de notre cher Plan d'Épargne en Actions fait son chemin, et ça vaut le coup de s'y arrêter deux minutes.
Les Américains, toujours une longueur d'avance, même dans nos plans d'épargne ?
On a l'habitude de voir les indices américains faire la loi, le S&P 500 qui flirte avec les 7 674 pts, le CAC 40 qui suit gentiment (+0,4% sur les deux). Les valeurs technologiques américaines, quand elles ne sont pas portées par un E. Musk déjanté ou un autre titan de la Silicon Valley, font souvent le bonheur de nos portefeuilles. Le souci, c'est que le PEA, ce beau produit français conçu pour favoriser l'investissement dans les entreprises européennes, a souvent été un peu trop ouvert sur l'oncle Sam. Une sorte de petite porte dérobée pour glisser des valeurs qui, soyons honnêtes, n'ont pas toujours une logique purement européenne.
Le souci, c'est que cette "ouverture" pourrait bien se refermer. Les discussions, chuchotées dans les couloirs de Bercy ou relayées par des sites comme bfmtv.com, parlent de resserrer les boulons. L'idée serait de faire le ménage, de supprimer du catalogue éligible au PEA les actions américaines qui n'ont pas de lien direct avec l'Europe. Ce qui ferait sens, d'un point de vue purement philosophique du PEA, vous voyez ? On crée un outil pour l'Europe, on ne va pas y mettre n'importe quoi. Le risque, c'est que pour nous, investisseurs, cela signifie devoir potentiellement réorganiser une partie de notre portefeuille.
On risque de voir certaines actions américaines, jusqu'ici bien logées dans nos PEA, devoir être déplacées si elles ne répondent plus aux critères d'éligibilité resserrés.
Les raisons d'un possible dépoussiérage
Pourquoi cette idée de grand nettoyage surgirait-elle maintenant ? Plusieurs facteurs entrent en jeu. D'abord, l'objectif historique du PEA, vous l'avez compris, c'est de dynamiser l'économie européenne, de faire travailler l'argent au sein de l'UE. Or, on constate depuis un moment que le PEA a servi de sas d'entrée pour des entreprises dont le cœur de métier, les salariés, voire l'origine, sont résolument outre-Atlantique. C'est un peu comme si on avait mis des sièges de voiture de sport allemande dans une 2CV française: ça marche, mais ce n'est pas tout à fait l'esprit d'origine.
Ensuite, il y a la question de la concurrence fiscale et réglementaire. Les États-Unis ont un écosystème financier très développé, parfois avec des avantages que l'Europe peine à égaler. En limitant l'accès au PEA pour les actions américaines, on pourrait vouloir inciter davantage d'investissements vers les entreprises européennes, celles qui sont peut-être plus sous-évaluées ou qui ont un potentiel de croissance intéressant mais moins médiatisé. C'est une façon de jouer "maison". De plus, avec les discussions européennes sur une souveraineté économique renforcée, ce type de mesure prend tout son sens.
Dans les faits: Le PEA a une enveloppe fiscale avantageuse, et il est conçu pour soutenir le financement des entreprises européennes. La présence massive d'actions non européennes, surtout américaines, dilue cet objectif.
Qu'est-ce que ça implique pour nous ?
Si cette mesure se concrétise, il faudra être attentif. Pour les actions américaines qui sont actuellement éligibles au PEA mais qui ne le seraient plus demain, plusieurs options s'offriront à nous. La plus probable est qu'il faudra les vendre et les transférer vers un compte-titres ordinaire. Cela aura deux conséquences principales. D'une part, on perdra l'avantage fiscal lié au PEA. Les plus-values réalisées sur ces titres sortiront de l'enveloppe fiscalement avantageuse et seront soumises au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou plus communément appelé la "flat tax". D'autre part, il faudra peut-être s'acquitter de frais de transfert ou de vente, selon les courtiers.
Un peu de recul. Il ne faut pas paniquer non plus. Cette mesure, si elle arrive, ne sera probablement pas du jour au lendemain. Il y aura sans doute une période de transition pour permettre aux épargnants de s'organiser. Les actions qui ont un lien avéré avec l'Europe, par exemple celles d'entreprises américaines cotées en Europe ou ayant une présence significative sur le continent, pourraient potentiellement rester éligibles. Il faudra décortiquer la liste qui sera publiée.
À noter: Le marché des cryptos, lui, reste dans son coin, avec un Bitcoin à 77 337 $ et un Ethereum à 2 436 $, sans se soucier de nos PEA. On voit que le XRP a fait un bond de +14,4% sur 24h, de quoi faire sourire ses détenteurs. Mais pour l'instant, pas de lien direct avec nos vieilles actions européennes ou américaines dans nos enveloppes fiscales.
Et maintenant ?
Si vous avez des actions américaines dans votre PEA, un conseil: commencez à regarder de près leurs statuts, leurs origines, leur activité en Europe. Si l'idée vous taraude, vous pouvez d'ores et déjà consulter la liste des titres éligibles au PEA auprès de votre courtier et vous tenir informé des annonces officielles. La prudence est mère de toutes les vertus, surtout quand il s'agit de notre argent.
Bref. Le paysage du PEA pourrait bien évoluer, avec une possible éviction des actions américaines les moins connectées à l'Europe. Il faudra garder l'œil ouvert et anticiper les changements pour optimiser la fiscalité de nos placements. Ceci n'est pas un conseil en investissement.