La collecte française en financement participatif est passée de ≈ 167 millions d'euros en 2015 à ≈ 1,8 milliard en 2021, pour plus de 5 milliards cumulés. Le crowdfunding n'est plus un phénomène de niche, mais avant de s'y lancer, mieux vaut comprendre ce qui se cache derrière les rendements affichés.
Le crowdfunding, comment ça marche ?
Dans les faits : le principe consiste à mobiliser des capitaux auprès d'une foule d'investisseurs pour financer un projet. Trois grandes familles existent, avec des logiques très différentes.
Le don (avec ou sans contrepartie), via des plateformes comme Kickstarter (≈ 230 000 projets financés, ≈ 6,3 milliards de dollars collectés), s'adresse aux projets artistiques ou créatifs, sans recherche de rendement.
Le crowdequity permet d'investir en actions non cotées de startups (Crowdcube a notamment permis d'investir dans Citymapper ou Revolut), avec un risque élevé : illiquidité totale et majorité de startups qui ne deviennent jamais rentables.
Le crowdlending, enfin, représente la part la plus importante du marché : ≈ 84 % de la collecte française en 2021. Il s'agit de prêts, dès 1 €, sur 12 à 24 mois généralement, avec un rendement affiché de 7 à 12 % annuel, qu'il se décline en crowdfunding immobilier (prêts à des promoteurs) ou en crowdlending PME/TPE.
Pourquoi le crowdfunding attire autant ?
Six arguments reviennent régulièrement : un accès dès 1 €, un rendement potentiel de 7 à 12 % net de frais avant fiscalité, une diversification décorrélée des marchés cotés, la possibilité de choisir des projets alignés avec ses valeurs, des remboursements rapides (12 à 24 mois), et une sélectivité forte des plateformes (parfois un seul projet accepté sur 100).
Les rendements affichés reflètent-ils la réalité ?
Un peu de recul. Sur le crowdlending PME/TPE, les chiffres d'October, première plateforme européenne du secteur, sont éclairants : un taux de rendement moyen de ≈ 5,53 %, un taux de défaut de ≈ 4,14 %, soit un TRI net de risque de seulement ≈ 3,67 %, très loin des 7 à 12 % mis en avant dans les communications. Bolden affichait ≈ 4,93 % (plateforme aujourd'hui fermée), et Les Entrepreneurs ≈ 2,9 %.
Et le crowdfunding immobilier, une meilleure option ?
Trois avantages le distinguent du crowdlending PME/TPE : chaque projet est adossé à un bien réel (valeur non nulle même en cas de baisse, contrairement à une PME sans actif tangible), l'expertise immobilière reste transférable d'un projet à l'autre, et les performances historiques sont nettement supérieures. La Première Brique affiche un TRI de ≈ 11,3 % avec 0 % de défaut depuis 2019, Lymo ≈ 8,79 %, et Clubfunding ≈ 9,9 % avec 0 % de défaut sur 6 ans et plus de 731 millions d'euros financés sur 764 projets.
Quelle plateforme choisir ?
ClubFunding, leader du marché français en immobilier, agréé AMF, propose un flux régulier (≈ 4 projets par semaine) sur la France, la Belgique et le Portugal, avec un ticket d'entrée de 1 000 €. La Première Brique est plus récente mais très compétitive, accessible dès 1 €, avec ≈ 44 millions d'euros financés sur 222 projets : son principal défaut est justement son succès, les projets s'épuisant parfois en moins d'une minute.
Comment bien investir en crowdfunding ?
À noter : cinq règles s'imposent. N'investir que ce qu'on peut se permettre de perdre (le capital est à risque total). Diversifier ses placements financiers plutôt que de tout concentrer en crowdfunding. Diversifier également entre prêts et projets, pour limiter l'impact d'un défaut isolé. Équipondérer les montants investis par prêt. Et vérifier systématiquement l'agrément AMF (statut PSFP) de la plateforme.
Et maintenant ? Côté fiscalité, les gains suivent la flat tax de 30 %, avec une option pour le barème progressif si les revenus sont faibles.
Bref. Le crowdfunding immobilier affiche des performances nettement plus solides que le crowdlending PME/TPE généraliste, mais reste un placement risqué : diversification entre projets et plateformes reste indispensable. Ceci n'est pas un conseil en investissement personnalisé, chaque situation patrimoniale est différente.