Le gaz naturel européen joue à nouveau les trouble-fêtes dans nos portefeuilles, avec des marchés qui commencent sérieusement à transpirer à l'approche de la saison froide. On pensait avoir tourné la page des crises énergétiques à répétition, mais la dernière note de la banque Goldman Sachs vient de jeter un froid polaire sur les places financières. Il faudrait potentiellement atteindre le seuil critique des 100 euros le mégawattheure pour forcer le Vieux Continent à refaire ses réserves en vue de l'hiver prochain. (Une paille, surtout quand on se rappelle de nos factures de chauffage de l'an dernier).
La dure loi du marché et les stocks à prix d'or
Dans les faits: Le calcul des analystes new-yorkais repose sur une logique implacable de flux et de concurrence internationale. Pour attirer les fameux navires méthaniers chargés de gaz naturel liquéfié qui préfèrent parfois mettre le cap sur des zones plus lucratives en Asie, l'Europe n'a pas trente-6 solutions. Il faut payer le prix fort pour convaincre les marchands de dérouter leurs cargaisons vers nos ports. (Le libéralisme a parfois des méthodes un brin brutales quand il s'agit de négocier son kilowatt-heure).
Rappel: Les stockages souterrains européens se vident traditionnellement à mesure que les températures baissent, et les reconstituer au printemps prochain s'annonce déjà comme un véritable parcours du combattant financier. Si les prix s'envolent vers la zone des 100 euros, c'est toute la chaîne de l'énergie qui tousse, de l'industrie lourde allemande jusqu'à notre bonne vieille facture de gaz domestique. Pendant ce temps, les marchés boursiers essaient de garder leur calme, tiraillés entre des indices actions qui affichent des niveaux record (le S&P 500 évolue autour de 7 674 pts et notre CAC 40 national navigue sagement à 8 466 pts) et la menace persistante d'un choc inflationniste par l'énergie. Les cryptos continuent leur vie de leur côté avec un Bitcoin solidement ancré à 77 295 dollars, prouvant que les investisseurs adorent se diversifier quand la macroéconomie devient un peu trop rock'n'roll.
Comment naviguer dans cette zone de turbulences énergétiques
Un peu de recul. Face à cette épée de Damoclès tarifaire, on aurait tort de céder à la panique générale, mais on ferait tout aussi bien de ne pas la jouer totalement naïfs. Les entreprises énergivores européennes se retrouvent une fois de plus en première ligne, et leurs marges nettes risquent de faire grise mine si la facture gazière explose au pire moment. L'investisseur avisé surveillera de près les valeurs industrielles les plus exposées à cette volatilité des matières premières. (Parce que parier sur une usine de chimie ou d'engrais sans regarder le prix du gaz, c'est un peu comme traverser l'autoroute les yeux bandés en écoutant un podcast).
À noter: Le secteur des énergies renouvelables et des technologies liées à l'efficacité énergétique pourrait bien, quant à lui, profiter indirectement de ce climat de tension persistante. Quand le gaz fossile coûte un rein, la transition énergétique cesse d'être un simple sujet de colloque branché pour devenir une question de survie comptable. Les gouvernements surveillent le dossier comme le lait sur le feu, conscients qu'une flambée des prix de l'énergie à l'approche des échéances électorales fait rarement bon ménage avec la paix sociale. On surveillera donc l'évolution des injections dans les sites de stockage au cours des prochaines semaines, car le marché a cette fâcheuse habitude d'anticiper les pénuries bien avant que les radiateurs ne se mettent à fond.
Et maintenant ? Inutile de tout vendre pour aller stocker des bûches de bois dans le salon, mais intégrer ce risque géopolitique et énergétique dans sa stratégie d'allocation reste la base absolue pour ne pas se faire surprendre. Garder un oeil sur les flux de matières premières et blinder son portefeuille avec des actifs solides reste la meilleure parade face aux humeurs du marché.
Bref. Le gaz n'a pas fini de faire des siennes, alors autant garder un coup d'avance plutôt que de pleurer sur sa facture. Ceci n'est pas un conseil en investissement.