On pensait avoir tout vu en matière de créativité fiscale, et puis un rapport bancaire débarque pour nous rappeler que notre beau pays a encore de la marge dans l'art de lever des impôts. La France prélève plus que tous ses voisins européens tout en maintenant un train de vie étatique qui creuse les déficits, voilà en substance ce que nous souffle la dernière note d'analyse de la grande banque suisse UBS. (Spoiler: nos voisins germaniques ou helvétiques étouffent un rire discret en consultant ces tableaux).
Le paradoxe français: champion du monde des taxes et du déficit
Dans les faits: quand on regarde la structure de nos prélèvements obligatoires, on décroche la palme d'or européenne, mais cela ne suffit toujours pas à boucher les trous du budget. (La magie des dépenses publiques sans limite). L'institution financière pointe une trajectoire de la dette qui s'envole vers l'horizon vertigineux de 138 % du produit intérieur brut, une perspective qui commence à agiter sérieusement les agences de notation et les gestionnaires obligataires.
Rappel: les marchés adorent prêter de l'argent, mais ils finissent toujours par regarder la solvabilité du client avec un œil un peu moins bienveillant quand l'addition devient gargantuesque. Chez nous, on continue de dépenser l'argent avant de l'avoir récolté, un sport national pratiqué avec une constance remarquable par tous les gouvernements successifs depuis des décennies. Pendant que le CAC 40 brille à 8 180 points et que le S&P 500 flirte avec les 7 657 points, la macroéconomie hexagonale fait grise mine et se retrouve sous le feu roulant des critiques des analystes internationaux.
Entre frilosité de l'épargne et realpolitik des marchés
On a beau posséder l'un des taux d'épargne les plus élevés de la zone euro, cet immense matelas de sécurité dort en grande partie sur des livret réglementés ou des fonds euros sans grand panache. (L'art français de placer son capital là où l'inflation vient grignoter tranquillement le pouvoir d'achat). Les investisseurs avertis que nous sommes préfèrent souvent regarder ailleurs, que ce soit vers les actions mondiales ou même vers les cryptomonnaies pour dynamiser un portefeuille, avec un Bitcoin qui s'échange vaillamment à 77 231 dollars et un Ethereum à 2 512 dollars.
Un peu de recul. Les obligations souveraines françaises, l'OAT pour les intimes, paient désormais le prix fort de cette glissade budgétaire avec un spread qui nous rapproche des pays du Sud de l'Europe. Le marché obligataire finit toujours par envoyer la facture aux États qui refusent de réformer leurs structures de dépenses, et ce n'est pas un simple communiqué de Bercy qui y changera quelque chose.
Et maintenant ? La question n'est plus vraiment de savoir si un effort d'austérité va arriver, mais plutôt de mesurer à quelle vitesse la potion amère sera administrée aux contribuables et aux entreprises. Le modèle social français se retrouve percuté de plein fouet par la dure réalité des taux d'intérêt, et l'époque de l'argent magique gratuit semble définitivement enterrée dans les livres d'histoire.
Bref. Quand l'État dépense plus que ses voisins tout en matraquant ses contribuables, on finit inévitablement par frôler l'indigestion financière. Ceci n'est pas un conseil en investissement.
