Ces derniers jours, on a vu le S&P 500 reculer de ≈ 1,2 % tandis que le CAC 40 perd ≈ 1,6 % de son gain. Au même moment, le Bitcoin glisse de ‑1,2 % et l’Ethereum de ‑2,5 %. Entre deux cafés, on se demande pourquoi les titres liés à l’intelligence artificielle (IA) semblent moins brillants que leurs fondamentaux ne le laissent croire.
Alphabet et le potentiel IA sous‑évalué
Dans les faits: Alphabet vient de publier des résultats qui montrent un chiffre d’affaires récurrent de plus de ≈ 70 % provenant à la fois à la recherche et aux services cloud, des deux piliers qui alimentent sa chaîne d’IA. L’entreprise dispose d’un portefeuille de modèles génératifs (Gemini, Bard) qui, selon le rapport interne de « AI Strategy », devrait générer une marge additionnelle de ≈ 15 % sur le reste du business d’ici deux années.
Le marché ne tient pas compte du levier d’IA d’Alphabet, qui pourrait multiplier ses profits sans coûts proportionnels.
(C’est le même scénario que D. Trump évoquait en 2020 lorsqu’il prétendait que les secteurs technologiques étaient « sous‑valorisés », sauf que là, la donnée est chiffrée). En pratique, les analystes donnent à Google un ratio cours/bénéfice (PER) de ≈ 22, alors que ses pairs pure‑play IA, comme NVIDIA, flirtent avec ≈ 55. Cette décote semble refléter une crainte excessive de la concurrence de E. Musk qui mise sur les modèles OpenAI, mais la réalité montre qu’Alphabet possède un accès exclusif à la masse de données Google Search, un atout difficile à répliquer.
Comment la valorisation se construit à l’heure des données
Rappel: L’évaluation d’une société technologique repose aujourd’hui sur deux axes majeurs: la capacité à transformer les données en produits monétisables et la vitesse d’innovation. Alphabet, avec ses data‑centers capables de traiter ≈ 15 % de la charge mondiale de calcul, bénéficie d’un avantage structurel que le marché semble ignorer.
Un peu de recul. Si l’on regarde le rendement total du S&P 500 sur les douze derniers mois, il est resté légèrement supérieur à celui du Bitcoin, qui, malgré son attrait, a affiché une volatilité accrue (‑1,2 % sur 24 h). Le CAC 40, de son côté, a subi des corrections dues aux incertitudes macro‑économiques, mais les actions Alphabet ont tenu le coup, affichant une baisse moindre que la moyenne du Nasdaq.
À noter: Les prévisions de la société prévoient un taux de croissance annuel composé (TCAC) de ≈ 12 % pour le segment IA jusqu’en 2027. Si l’on applique ce TCAC à la capitalisation actuelle d’Alphabet (≈ 1 600 milliards $), on obtient une création de valeur supplémentaire de ≈ 190 milliards $ sur quatre ans, un chiffre que le prix actuel ne reflète pas.
La valorisation actuelle ne capte pas le TCAC de 12 % anticipé pour l’IA, sous‑estimation qui crée une marge de manœuvre pour les investisseurs.
Stratégies d’investissement à court et moyen terme
Et maintenant ? Pour qui souhaite s’exposer à ce scénario, plusieurs pistes s’offrent. D’abord, l’achat direct des actions Alphabet lors d’une petite correction (le cours a baissé de ≈ 1 % en une journée) offre un potentiel de plus‑value si le consensus de marché se redresse. Ensuite, les fonds indiciels technologiques qui pondèrent fortement Alphabet (par exemple le Nasdaq‑100) permettent de profiter du rebond sans le risque concentré.
Dans les faits: Si vous avez un attrait pour les actifs alternatifs, la récente stabilisation du Bitcoin à ≈ 57 000 € montre que les crypto‑actifs restent volatils, mais ils peuvent jouer le rôle de diversifiant pour une allocation globale. Cependant, on ne doit pas confondre la performance d’un actif « high‑tech » avec la robustesse d’une entreprise qui détient une quasi‑monopole sur les données de recherche.
Un peu de recul. C. Lagarde rappelait, dans un discours à la Banque de France, que la diversification demeure la pierre angulaire de la gestion de portefeuille, surtout en période de corrections boursières. En s’appuyant sur une position modérée dans Alphabet, combinée à une exposition mesurée aux cryptomonnaies, on peut couvrir les deux côtés du spectre: rendement stable et potentiel de hausse spectaculaire.
Une exposition mesurée à Alphabet, complétée par une diversification prudente, permet d’allier stabilité et upside lié à l’IA.
Bref. Le scénario idéal consiste à profiter d’une décote momentanée pour capitaliser sur le levier IA qui, une fois pleinement intégré, devrait propulser les marges d’Alphabet bien au‑dessus des attentes du marché. Restez attentif aux indicateurs macro, surveillez les mouvements du S&P 500 et du CAC 40, et n’oubliez pas que la patience reste souvent la meilleure alliée de l’investisseur averti. Ceci n’est pas un conseil en investissement.